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L’UE alloue 320 millions d’euros à la recherche sur la santé des sols afin de contribuer à l’élimination du carbone

L’UE alloue 320 millions d’euros à la recherche sur la santé des sols afin de contribuer à l’élimination du carbone

L’Union européenne intensifie ses efforts en matière de recherche sur la santé des sols avec l’annonce d’une nouvelle mission Horizon Europe, qui fournira également un financement clé pour la promotion de l’agriculture carbone.

La nouvelle mission Horizon Europe, dotée de 320 millions d’euros et annoncée fin septembre, vise à stimuler la transition vers des sols sains d’ici à 2030, conformément aux engagements du Green Deal en matière de climat, de biodiversité, de pollution zéro et de systèmes alimentaires durables.

Le financement du programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation soutiendra les laboratoires vivants et les phares pour mener la transition vers des sols sains.

Selon la Commission européenne, le programme vise à faire participer les citoyens et à créer des partenariats efficaces pour protéger et restaurer les sols dans tous les secteurs et territoires.

Il contribue ainsi à la réalisation des objectifs en matière d’agriculture durable, de biodiversité et de pollution zéro fixés par la politique phare de l’Union européenne, le «  contrat vert européen  ».

La mesure est destinée à compléter la stratégie de l’UE en matière de sols qui, avec l’Observatoire européen des sols récemment lancé, fera partie d’un cadre global visant à aborder la gestion des sols et des terres à grande échelle, dans toutes les utilisations des sols.

Le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, a précédemment souligné l’importance de la recherche «  pour favoriser la transition vers une gestion durable des sols dans les terres agricoles.  »

«  Les agriculteurs seront étroitement associés et bénéficieront des investissements dans l’échange et le développement des connaissances  », a-t-il déclaré lors de la présentation de la nouvelle stratégie de la Commission en matière de sols, le 17 novembre.

La Commission européenne estime que les coûts liés à la dégradation des sols dans l’UE dépassent 50 milliards d’euros par an. En outre, 60 à 70 % des sols en Europe sont considérés comme «  malsains  ».

Grâce aux fonds de recherche fournis par la mission «  sols  », l’UE espère désormais porter le pourcentage de sols sains à au moins 75 % dans chaque État membre de l’UE.

La mauvaise santé des sols peut affecter les services écosystémiques tels que l’eau propre, la biodiversité et la régulation du climat.

Stratégie d’exploitation du carbone

L’un des principaux domaines de recherche et d’innovation financés par la mission est l’agriculture du carbone, selon une ébauche de la stratégie carbone qui a fait l’objet d’une fuite et qui a été obtenue par le site d’information français Contexte.

À cette fin, les laboratoires vivants et les phares que le programme doit soutenir «  serviront à tester, démontrer et développer des solutions pour l’agriculture du carbone  », indique le document.

Au cours des prochaines périodes de programmation, la Commission mettra davantage l’accent sur l’agriculture du carbone au sein d’Horizon Europe afin de développer des technologies numériques et de données pour une élimination plus efficace du carbone et de meilleures estimations des émissions.

Outre l’agriculture du carbone, la mission est également destinée à «  soutenir les efforts pour une surveillance harmonisée des sols en Europe  », indique le projet.

Selon la Commission, ces recherches présentent divers avantages. Les connaissances et les outils développés sur cette base peuvent servir à mettre en valeur les sols, à améliorer encore les systèmes de production ou à renforcer le rôle du bétail dans la gestion des sols.

Dans la mission Horizon Europe, les laboratoires vivants  et les phares  sont des «  espaces de co-innovation par la recherche participative, transdisciplinaire et systémique.  »

En pratique, ces laboratoires vivants sont destinés à permettre aux propriétaires et aux gestionnaires de terres et à d’autres parties prenantes, aux autorités publiques et aux citoyens de travailler ensemble avec des chercheurs de multiples disciplines.

Les phares sont envisagés comme des espaces de démonstration de solutions, de formation et de communication. Selon le projet de mission, il peut s’agir de présenter les meilleures pratiques ou d’établir des partenariats entre les chaînes de valeur.

Le projet de mission sur les sols a été accueilli favorablement par plusieurs organisations, impliquées dans le processus de planification par l’intermédiaire d’un groupe consultatif d’experts.

La mission se concentre «  sur la mobilisation et la création d’un environnement favorable à la gestion durable des sols dans l’ensemble de l’UE, en examinant les politiques publiques, les investissements, l’engagement des citoyens et les campagnes d’information  », comme l’indique le réseau de recherche et d’innovation des régions européennes (ERRIN).

Les niveaux régional et local sont «  cruciaux pour obtenir un impact à long terme  », ajoute le rapport.

L’Institut pour la politique environnementale européenne (IEEP) a également salué le lancement de la mission sur les sols, en déclarant que l’accent mis sur les laboratoires vivants et les phares était un «  point fort  » du programme.

La mission peut jouer un rôle dans l’amélioration de la stratégie des sols si elle est utilisée «  pour mettre à la disposition des décideurs politiques des preuves actualisées et des solutions durables  », a déclaré un porte-parole à EURACTIV.

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