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Quatre scientifiques au sommet de l’innovation

Quatre scientifiques au sommet de l’innovation

La médaille de l’innovation du CNRS 2022 est décernée aujourd’hui à Jacques Marteau, Pierre Nassoy, Denis Spitzer et Céline Vallot. Cette récompense, qui honore des femmes et des hommes dont les recherches ont conduit à une innovation marquante sur le plan technologique, thérapeutique ou social, leur sera remise ce soir, pour la première fois au salon Vivatech qui se tient à Paris du 15 au 18 juin.

Jacques Marteau, pionnier de l’imagerie par muons
« En tant que physicien des particules, être reconnu pour une application industrielle de mes recherches est inattendu ! », reconnaît Jacques Marteau, maître de conférences à l’Institut de physique des deux infinis de Lyon. Pourtant, « grâce à une succession de belles rencontres et de hasards », le chercheur a rapidement identifié le potentiel d’une technologie initialement développée pour la recherche fondamentale : le détecteur de muons.

Frédérique Plas / CNRS Photothèque

Particule élémentaire produite naturellement dans l’atmosphère, le muon traverse la matière sur de longues distances sans être absorbé. De quoi explorer en trois dimensions de grandes structures et répondre à des questions de volcanologie, géologie, voire climatologie. Après plusieurs brevets et contrats industriels, Jacques Marteau et son équipe créent en 2021 la start-up Muodim qui vise un marché très large autour du contrôle non destructif appliqué par exemple à la sidérurgie, la prospection géophysique ou le génie civil. 

Pierre Nassoy, producteur de cellules souches
Pour Pierre Nassoy, l’intéressant naît des rencontres. De disciplines d’abord : le directeur de recherche CNRS applique des approches de physico-chimie au vivant. De compétences ensuite : « Pour réussir un projet de valorisation, il faut une recherche porteuse mais aussi des volontés pour la développer. On ne fait rien seul », assure-t-il. Au Laboratoire photonique, numérique et nanosciences (LP2N) à Talence, il s’intéresse aux thérapies de demain à base de cellules souches, notamment contre les tumeurs et la maladie de Parkinson, multipliant les brevets.

Frédérique Plas / CNRS Photothèque

Grâce à une prématuration au CNRS dont « l’accompagnement a été crucial », sa société TreeFrog Therapeutics est une des start-up françaises les plus remarquées et primées de ces derniers temps, au niveau national comme international. Avec sa technologie de rupture, elle produit ces cellules souches de façon fiable, avec un très haut niveau de qualité et en grande quantité, et vient d’ouvrir une première filiale aux États-Unis. 
 
Denis Spitzer, inventeur de procédés pour des poudres ultrafines
Aujourd’hui, 90 % des médicaments, dont près de 40 % des médicaments anticancéreux, se dissolvent de manière non satisfaisante, ce qui gêne leur absorption et impose des doses élevées. Face à ce défi, Denis Spitzer, directeur du laboratoire Nanomatériaux pour les systèmes sous sollicitations extrêmes (NS3E), a inventé deux procédés qui facilitent l’étude, la formulation et la production de particules d’une taille en dessous du micron qu’aucun autre procédé n’atteint. Pour la première fois, ils permettent d’élaborer en continu et en quantités industrielles des composés pharmaceutiques, cosmétiques, agroalimentaires ou pour la transition énergétique (batteries, cellules solaires, etc.).

Frédérique Plas / CNRS Photothèque

Très polyvalents, ces procédés économiques, sûrs et à impact environnemental restreint font l’objet de dix-huit brevets, dont six internationaux, et de nombreux partenariats. « En maîtrisant la réaction à l’échelle locale, on crée des produits inédits dont les industriels sont très demandeurs », atteste le directeur de recherche à l’Institut franco-allemand de recherches Saint Louis. Suite à une prématuration au CNRS, Denis Spitzer valorise ses découvertes avec la société Spinofrin

Céline Vallot, experte contre le cancer
Dans de nombreux cas de cancer, la progression tumorale et les processus de résistance ne peuvent être expliqués par des mutations de l’ADN. C’est pourquoi Céline Vallot se concentre avec son équipe sur les mécanismes non génétiques, en particulier épigénétiques, qui peuvent expliquer l’adaptabilité des cellules cancéreuses.

Frédérique Plas / CNRS Photothèque

Elle est co-inventrice de deux familles de brevets et de deux logiciels, permettant une analyse interactive et rapide de données cellulaires par des personnes sans compétence computationnelle particulière, comme des biologistes et médecins à la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques. La directrice de recherche CNRS au laboratoire Dynamique de l’information génétique : bases fondamentales et cancer (DIG-Cancer), a fondé la start-up One Biosciences qui a pour ambition de devenir un leader mondial dans la médecine de précision pour maladies complexes. « L’innovation va de pair avec la recherche : pluridisciplinaire par nature, elle permet de se poser de nouvelles questions, de casser les silos et de rester compétitif », témoigne Céline Vallot. 
 

 
 

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