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Une chimiste, chercheuse au CNRS de Montpellier,…

Une chimiste, chercheuse au CNRS de Montpellier,…

Claude Grison, célèbre chimiste et chercheuse au CNRS de Montpellier, figure parmi les scientifiques récompensés par le prix du meilleur inventeur 2022. Un titre remis en Allemagne par l’Office européen des brevets (OEB). Elle est primée en catégorie “recherche” pour ses travaux sur la dépollution des sols par les plantes.

Claude Grison, qui se présente comme une “chimiste-citoyenne”, a été récompensée dans la catégorie “recherche” pour ses travaux sur des écocatalyseurs végétaux réalisés à partir de plantes envahissantes ou mangeuses de métaux, permettant de dépolluer des sols miniers et de créer de nouvelles molécules chimiques. Des molécules végétales bio, naturelles, loin de celles issues de la pétrochimie.

C’est l’écologie scientifique qui est récompensée, c’est rare, c’est peut-être une première.

Claude Grison, docteur en chimie moléculaire et chercheuse au CNRS.

Le principe de l’écocatalyse consiste à restaurer des milieux pollués et dégradés à l’aide de plantes capables d’accumuler naturellement les éléments métalliques présents dans le sol ou l’eau, puis de les transformer en outils utiles pour la chimie.

Une de ces équipes a utilisé des plantes, à l’aide d’un système de filtre pilote, pour dépolluer le Rieusec, un ruisseau de l’Aude. Les déchets chargés en métaux sont ensuite repartis en laboratoire pour être transformés et revalorisés autour d’une nouvelle molécule.

Claude Grison, chimiste, chercheuse au CNRS de Montpellier, a reçu le trophée du meilleur inventeur européen 2022 pour ses travaux sur les écocatalyseurs.

Claude Grison, chimiste, chercheuse au CNRS de Montpellier, a reçu le trophée du meilleur inventeur européen 2022 pour ses travaux sur les écocatalyseurs. • © FTV

“Je suis vraiment très très contente que toutes les solutions écologiques basées sur la nature soient récompensées à un tel niveau par l’OEB, surtout pour les jeunes auxquels je pense beaucoup”, marqués actuellement par “un désespoir et une anxiété” forts concernant le climat, a-t-elle dit à l’AFP, lors d’une conversation téléphonique depuis Munich, où était remis le prix.

Cette récompense couronne 10 années de recherche. La scientifique montpelliéraine, professeure d’université et directrice de recherche au CNRS a aussi créé 2 startups, BioInspir et les Laboratoires Bioprotection, pour industrialiser et commercialiser ces procédés consistant à fabriquer des écocatalyseurs à partir de plantes.

C’est un travail interdisciplinaire et ce n’est pas simple. Il a fallu décloisonner des milieux scientifiques qui sont souvent en opposition, l’écologie et la chimie. On ne travaille pas à la même échelle, l’un agit sur la plante, l’autre sur la molécule. Mais le fonctionnement de la nature qui est extraordinaire nous fournit des solutions pour remédier à nos erreurs sur l’environnement.

Ses premiers brevets du concept d’écocatalyse datent de 2009. Une innovation totale à cette époque. Elle a montré et prouvé qu’il était possible de créer, de construire, des molécules naturelles d’origine végétale, bio sourcées. A ce jour, elle a déposé près de 35 brevets CNRS.

“Le potentiel des écocatalyseurs est assez vaste. On peut préparer des médicaments, des molécules pour la biocosmétique ou construire des agents de biocontrôle que l’on synthétisent. Tout cela à faibles coûts ce qui est très important économiquement, surtout pour la médecine” explique la scientifique.

Le financement est important pour industrialiser les procédés. Car la chimiste qui se dit “citoyenne”, veut surtout être utile, se servir de la nature mais en la respectant, en soutenant des solutions basées sur la nature. Cela passe par la création de 2 startups.

BioInspire : elle développe toute la filière aquatique jusqu’à la création de molécules qui sont mises sur le marché.
Laboratoires Bioprotection : elle commercialise des répulsifs 100% d’origine végétale qui permettent de se protéger contre les moustiques, les tiques et toutes les maladies infectieuses que véhiculent ces insectes.
    
Cette année, sur les 13 équipes de recherche en finale, plus de la moitié travaillent sur des sujets liés à la transition énergétique et au réchauffement climatique.

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