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L’Europe, berceau de l’innovation et de la…

L’Europe, berceau de l’innovation et de la…

Les nanotechnologies, qui représentent une avancée considérable, sont sur le point de donner naissance à un nouveau domaine de produits médicaux.

Les chercheurs prévoient que ce que l’on appelle le marché mondial de la nanomédecine atteindra 482,99 milliards de dollars d’ici à 2027, avec un TCAC de 11,9 % entre 2020 et 2027. Avec un tel potentiel d’amélioration des soins aux patients et de la santé humaine, la nanomédecine est une priorité pour de nombreuses entreprises de technologie médicale, mais elle est aussi, malheureusement, difficile à développer. La manipulation de matériaux aussi minuscules est assez problématique et coûteuse, et les talents sont rares. 

Les nanotechnologies constituent une nouvelle frontière pour les technologies médicales. Elles comprennent le matériau le plus fin qui existe, le graphène, d’une épaisseur d’un atome. Trop petits pour être visibles à l’œil nu, les matériaux et les dispositifs conçus à l’échelle nanométrique ouvrent de nouvelles perspectives majeures dans le domaine médical et permettent des avancées en matière de diagnostic, de traitement et de prévention. On développe actuellement des nanoparticules qui tirent parti des capacités de conception et de fabrication à l’échelle nanométrique. Celles-ci génèrent de multiples fonctions, notamment la détection et la destruction de cellules cancéreuses malignes, l’administration locale de médicaments, de chaleur, de lumière ou de combinaisons de produits thérapeutiques.

Exploiter l’écosystème des installations et du financement

Le secteur des technologies médicales est le plus innovant d’Europe, avec le taux le plus élevé de nouveaux brevets – un déposé toutes les 50 minutes. Cet environnement fertile est le fruit de collaborations entre universitaires, professionnels de santé et PME dans le cadre de petits projets de recherche ainsi que multiples opportunités de financement. De ce fait, certaines medtechs gravitent naturellement vers cette région. Certains projets de nanomédecine s’appuient par exemple sur le financement et les installations disponibles par l’intermédiaire du gouvernement irlandais et du centre AMBER (Advanced Materials and BioEngineering Research) de Dublin, en Irlande. À ce titre, Integra LifeSciences, basée dans le New Jersey, fait équipe avec AMBER autour des biomatériaux qui traitent les blessures des nerfs périphériques, en restaurant les propriétés structurelles et fonctionnelles des tissus endommagés ou dégénérés grâce à des nerfs régénérés. AMBER travaille également avec des entreprises telles que Johnson & Johnson dans l’espace orthopédique autour de la bio-impression 3D. Ce programme vise notamment à imprimer des structures 3D contenant des cellules biologiques vivantes et des biomatériaux pour favoriser la régénération des os et des tissus.

La France et l’Irlande motrices d’innovation médicale

Quatorze des quinze premières entreprises mondiales de technologie médicale, telles que Medtronic, Abbott, Siemens, Boston Scientific ou Johnson & Johnson, sont situées en Irlande. Cet écosystème, riche en géants des sciences de la vie, renforce la collaboration entre les organisations du secteur, mais aussi la recherche et le développement. En effet, 75% des medtechs du pays entreprennent des activités de R&D. Par ailleurs, l’Irlande est l’un des cinq principaux pôles mondiaux en matière de medtech, avec pas moins de 300 entreprises impliquées dans le secteur qui emploient environ 42 000 personnes. Elle est également le deuxième plus grand exportateur de matériel de santé en Europe, avec 12,6 milliards d’euros d’exportations chaque année vers plus de 100 pays, ainsi que le premier exportateur d’endoprothèses et de lentilles de contact en Europe et dans le monde.  

Du côté des start-up dans le secteur de la santé, selon Enterprise Ireland (l’agence irlandaise pour les entreprises locales), l’Irlande compte actuellement près de 180 jeunes pousses irlandaises, employant plus de 25 000 personnes et dont les ventes sont supérieures à 6 milliards de dollars par an. Le secteur irlandais des PME des sciences de la vie est en pleine expansion, et plus particulièrement la santé numérique. En 2021, l’entreprise de tests de santé à domicile LetsGetChecked a levé 123 millions d’euros lors d’un tour de table de série D, valorisant l’entreprise à plus d’un milliard d’euros et l’ajoutant à la liste des entreprises irlandaises ayant atteint le statut de « licorne ». Autres exemples de succès dans le domaine, la PME irlandaise de santé numérique SilverCloud Health rachetée par le groupe américain de télésanté Amwell en 2021, ou encore l’introduction en bourse de HealthBeacon qui a notamment permis de lever 25 millions d’euros sur Euronext en décembre 2021.

En outre, l’Irlande dispose d’un vaste réservoir de talents techniques hautement qualifiés et expérimentés. Ses domaines d’excellence comprennent l’ingénierie et les sciences mécaniques, électroniques et des matériaux. Des mesures incitatives attrayantes, comme le crédit d’impôt irlandais de 25 % pour la RD&I et les subventions à la R&D, contribuent à soutenir les entreprises qui investissent dans l’innovation.

En France, les centres de formation « usine à apprendre », les campus, les incubateurs, font de la région Grand Est le berceau de deux pôles medtech d’envergure mondiale : la Biovalley d’Alsace, spécialisée dans la chirurgie par trou de serrure et les implants médicaux, et le cluster des microtechniques médicales de Franche-Comté. Ces deux régions génèrent à elles seules un chiffre d’affaires annuel de 932 millions d’euros.

L’Alsace compte 150 entreprises medtech, avec cinq nouvelles start-ups créées par an dans le domaine pour cette seule région de France. Le pôle se concentre sur la recherche dans plusieurs domaines stratégiques : la chirurgie robotique et la robotique en général, les dispositifs médicaux implantables, les outils de simulation et de modélisation, l’administration de médicaments et les neurosciences. La Biovalley Alsace a été à l’origine de 492 projets collaboratifs régionaux, au cours des dix dernières années. Huit entreprises medtech de la région, dont cinq start-ups labellisées du pôle de compétitivité, ont bénéficié d’un budget R&D de 32 millions d’euros, soit une moyenne de 1,5 million d’euros par entreprise medtech.

En outre, de nombreuses entreprises de Franche-Comté doivent leur savoir-faire en matière de microtechniques à l’horlogerie traditionnelle. Quelque 250 PME de la région, spécialisées dans la micromécanique, la microrobotique, les microfluides, l’optique et l’informatique, contribuent à la croissance mondiale de la production biomédicale, principalement dans les domaines des prothèses, des dispositifs médicaux implantables et de la télémédecine.

Limiter les risques liés au développement technologique

La recherche de nouveaux nanomatériaux est une tâche complexe et exhaustive. Qu’elles soient basées sur des substances pures ou sur des composites, ces entités microscopiques présentent des risques en phase de développement, car il est difficile de contrôler des matériaux à cette échelle. Par conséquent, les laboratoires entièrement équipés et dotés de scientifiques compétents sont le meilleur endroit pour développer des nanomatériaux. Autre défi pour les entreprises medtech nationales, à l’étranger, les recherches inhérentes à ce domaine peuvent être financées par l’entreprise elle-même, ce qui peut se révéler fastidieux et chronophage dans le cas de recherches précoces.

Exigeantes par nature, les nanotechnologies nécessitent un large éventail de compétences qu’il peut être difficile de trouver en un seul endroit. La science des matériaux est multidisciplinaire, et il est important de réunir des chercheurs universitaires dans les domaines de la physique, de la chimie, de la bio-ingénierie et de l’immunologie, ainsi que des spécialistes de la microscopie et de la caractérisation des matériaux pour qu’ils apportent leurs connaissances aux défis de la recherche industrielle.

Des universitaires du monde entier se rendent en Europe, car des pays comme l’Irlande ou encore la France ont démontré leur excellence dans la recherche de pointe. Il n’est donc pas surprenant que ces régions soient compétitives par rapport aux meilleures universités du monde et que des programmes aient été déployés et aient remporté une multitude de prix prestigieux du Conseil européen de la recherche. Grâce à cette aide, les entreprises étrangères bénéficient d’un solide point de départ pour des recherches majeures qui peuvent ensuite être intégrées à leur entreprise à un stade plus avancé, et qui ont plus de chances d’aboutir sur un produit. Les organisations ont accès aux nombreux diplômés formés chaque année par les universités en Europe, ainsi qu’à la recherche appliquée transférable en nanotechnologie dans les domaines des TIC, de la biophotonique et de l’agritech. Nous n’avons pas fini d’en entendre parler.

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