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La France en 2030 : comment l’innovation…

La France en 2030 : comment l’innovation…

Victoria Principal, qui interprétait Pamela dans la série Dallas, ton univers impitoyable, a eu un jour cette pensée philosophique : “Chaque crise est une chance.” Elle avait raison : c’est dans les périodes d’orage que surgissent les idées nouvelles. La guerre en Ukraine, dont on ne voit pas l’issue, a ainsi servi de révélateur. Notre monde est devenu de plus en plus incertain. Le renforcement des moyens militaires de l’Europe devient un sujet de premier plan. Les grandes puissances, Chine et Etats-Unis, durcissent le ton. Certains redoutent, ou appellent de leurs vœux, la démondialisation.

La conséquence la plus immédiate pour la France, c’est la flambée des prix de l’énergie. En riposte aux sanctions européennes, le scénario d’une rupture totale d’approvisionnement en gaz russe devient hautement probable. Le gouvernement le redoute et a adopté des mesures d’exception dans son projet de loi sur le pouvoir d’achat.

Pour garantir la souveraineté énergétique de la France, il se donne la possibilité de prendre des décisions radicales : réquisition des centrales à gaz, remplissage forcé des stockages, mesures dérogatoires pour accélérer l’installation par TotalEnergies d’un terminal de GNL (gaz naturel liquéfié) au Havre et, enfin, redémarrage de la centrale à charbon de Saint-Avold (57). A l’échelle européenne, les ministres en charge de l’énergie discutent, quant à eux, sur la façon de gérer la pénurie de façon solidaire entre les 27.

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Cette économie de guerre comporte aussi son volet antigaspi. Le risque de manquer d’énergie cet hiver n’est pas surestimé. D’ailleurs, les trois géants français du secteur, EDF, Engie et TotalEnergies, ont appelé les Français à la sobriété dès l’été. Jusqu’à présent, le pays ne s’est guère montré vertueux, réduisant sa consommation de 0,3% par an quand il visait une baisse de 5%.

Les premières mesures devraient bientôt tomber. Sans doute une somme de petits pas plutôt qu’un grand soir : éteindre les vitrines des commerces la nuit, plafonner l’air conditionné des centres commerciaux à 26 degrés, grouper les jours de télétravail pour couper plus souvent le chauffage des bureaux, promouvoir les horaires décalés pour lisser les pointes de consommation… Le but étant d’éviter les délestages plus brutaux, ces coupures de gaz ou d’électricité imposées aux entreprises qui nuisent à l’économie.

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En attendant de savoir si nous passerons l’hiver sous des couvertures, l’été s’annonce chaud et sec. Si bien qu’EDF anticipe une réduction de sa production d’électricité nucléaire : certaines centrales au bord des fleuves doivent en effet limiter, dans certaines conditions extrêmes, leurs rejets d’eau chaude.

Les vagues de chaleur confirment que le dérèglement climatique n’était pas une menace pour demain, mais une réalité d’aujourd’hui. La récolte de blé tendre en sera modestement affectée, autour de -3%. Mais dans certaines régions, ce sera -10% voire -30%, car les céréales ont été brûlées par la chaleur. Pour prévenir ces risques et une saisonnalité bouleversée – fin juin, 26% des parcelles étaient récoltées contre 1% l’an dernier –, des solutions existent. Elles conjuguent la science agronomique (diversifier les cultures, sélectionner des variétés plus résistantes, de céréales ou de vignes) et les apports du numérique.

Prévenir les séquences de grêle s’annonce plus compliqué : celles qui ont frappé le Sud-Ouest ont mis à terre, dans certaines régions comme la Charente, 40% des cultures. A plus long terme, c’est le modèle agricole productiviste qui est chahuté. La biodiversité, comme le souligne le chercheur de l’Inrae Xavier Reboud, en a pris un sacré coup. Or écologie et productivité ne sont pas antinomiques : des sols qui fixent moins l’azote, des insectes qui font défaut pour polliniser, ce sont des rendements en moins. Pour l’heure, aucune pénurie ne s’annonce (il n’en va pas de même en Afrique) : la France reste exportatrice de céréales, mais moins qu’avant.

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Tout n’est pas sombre dans ce paysage changeant. La science n’a pas dit son dernier mot, même si les opinions publiques, dans un curieux réflexe rétrograde, la regardent de travers. Dans la santé, l’ARN messager (ARNm) en est un bon exemple. Cette technologie a permis de produire en un temps record des vaccins contre le Covid-19. Elle pourrait contribuer aussi à soigner certains cancers.

La pandémie a aussi donné un sacré coup d’accélérateur aux technologies numériques. Leur impact sur l’économie n’a pas fini de nous surprendre. Pour modéliser des usines de voitures, pour faire de la maintenance à distance, ou pour pallier le manque de médecins en facilitant les téléconsultations. L’avènement du métavers peut effrayer. S’il n’aboutit pas à un monde parallèle peuplé de zombies, il sera aussi riche de promesses.

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