Blog

Innovation Santé

La technologie vidéo : un outil pour réussir…

La technologie vidéo : un outil pour réussir…

Le gouvernement appelle à de gros investissements dans la numérisation du secteur des soins de santé. Et la technologie vidéo basée sur les données a un rôle important à jouer.

Dans le cadre de la feuille de route du numérique, du Ségur du numérique ou encore de la Stratégie d’accélération santé numérique pour soutenir l’innovation, le gouvernement appelle à de gros investissements dans la numérisation du secteur des soins de santé. La technologie vidéo basée sur les données a un rôle important à jouer dans cette réussite, mais son histoire en tant qu’outil de sécurité et de surveillance n’aveugle-t-elle pas les décideurs politiques ?

Mettre l’innovation au cœur des politiques publiques de santé, l’enjeu de l’hôpital de demain

Et déjà aujourd’hui au Danemark. La nouvelle stratégie de numérisation du Danemark prévoit 2,1 milliards de couronnes danoises pour investir dans l’utilisation des technologies numériques dans le cadre de neuf visions, dont celle des soins de santé. La stratégie ne mentionne la vidéo qu’en relation avec les consultations vidéo pour faciliter l’accès des citoyens aux soins de santé dans tout le pays. La raison en est peut-être que la technologie vidéo est principalement considérée comme un outil de surveillance pour les forces de l’ordre – ce qui conduit souvent à un débat polarisé sur le pour et le contre. Cela pourrait-il aveugler les décideurs ?

La question qui se pose est la suivante : comment la technologie vidéo peut-elle aider les infirmières à donner de meilleurs soins et une meilleure attention à leurs patients de manière éthique et responsable ? La technologie vidéo basée sur les données utilise l’intelligence artificielle (IA) pour analyser les vidéos des caméras et reconnaître ce qui se passe dans la scène. Il s’agit d’une technologie polyvalente qui peut prendre en charge certaines des tâches de routine habituellement effectuées par les infirmières, leur donnant ainsi plus de temps pour un contact individuel avec leurs patients. Voici trois exemples qui montrent comment la technologie vidéo axée sur les données peut contribuer à la réussite de la stratégie de numérisation des soins de santé.

  • Alerter quand quelqu’un tombe : La technologie vidéo basée sur les données peut faire la différence entre une personne qui tombe, qui s’assied, qui s’agenouille ou qui fait son lacet. En cas de chute, le système vidéo donne immédiatement l’alerte et permet à l’infirmière de réagir rapidement car elle peut voir où cela s’est produit. Si la chute est due à une crise cardiaque ou à un accident vasculaire cérébral, une réponse rapide peut sauver des vies.
  • Ne pas déranger une personne en salle de réveil : Pour les patients en salle de réveil, le fait d’ouvrir fréquemment la porte pendant la nuit pour jeter un coup d’œil sur eux peut perturber leur sommeil et allonger leur temps de récupération. La technologie vidéo aide les infirmières à surveiller les patients sans avoir à les déranger.
  • Protéger les patients et le personnel contre les comportements agressifs : En combinant la technologie vidéo axée sur les données et l’analyse intelligente des sons, le système peut détecter la peur, la colère et l’agression verbale. Le fait de disposer d’une alerte précoce sur un conflit potentiel permet aux infirmières d’intervenir à un stade précoce pour éviter que l’incident ne dégénère en agression physique. Si un patient tente de s’auto-mutiler ou de se suicider dans sa chambre, grâce à la communication audio bidirectionnelle, les infirmières peuvent réagir rapidement pour calmer le patient et lui faire savoir que les secours sont en route.

Faire de la stratégie de numérisation un succès dans le secteur des soins de santé

Ces exemples ne sont que quelques-unes des nombreuses façons dont le secteur danois des soins de santé peut utiliser la technologie vidéo au profit des patients et du personnel soignant. Toutefois, les nombreuses avancées technologiques n’apportent pas que des avantages. La technologie et la société étant de plus en plus imbriquées, nous devons mettre en place des garanties appropriées pour éviter les injustices et les violations du droit à la vie privée. Par exemple, à Singapour, pour protéger la dignité et la vie privée des personnes âgées, seules les vidéos en direct sont utilisées, sans enregistrement, et les images des personnes sont floues afin qu’elles ne puissent pas être identifiées.

À mesure que les technologies s’installent au cœur de notre système de protection sociale, nous devons mettre en place une législation qui empêche toute utilisation non éthique et toute conséquence involontaire. Au niveau de l’Union européenne, nous assistons à plusieurs étapes importantes dans cette direction, comme la future loi sur l’intelligence artificielle (IA), qui vise à réglementer et à instaurer la confiance dans l’intelligence artificielle. Nous disposons déjà du règlement général sur la protection des données (RGPD) pour protéger le droit à la vie privée. L’acte d’équilibre consiste à s’assurer que la réglementation et la bureaucratie ne vont pas trop loin et ne ralentissent pas l’innovation. Pour y parvenir, nous avons besoin que les leaders de la technologie se mobilisent et soutiennent une législation plus significative plutôt que de se concentrer uniquement sur la liberté d’exploitation. De leur côté, les décideurs politiques doivent faire des leaders technologiques des “sparring partners” plus tôt dans le processus.

Aujourd’hui déjà, nous constatons un grand intérêt dans le secteur des soins de santé pour l’adoption de la technologie vidéo basée sur les données afin d’aider à gérer une charge de travail qui ne cesse de croître. Cependant, il existe également une incertitude quant à la manière dont cette technologie peut et ne peut pas être utilisée. Les règles qui régissent l’utilisation de la vidéo dans les hôpitaux sont complexes et, dans certains cas, se chevauchent. Tous les membres du personnel hospitalier ne sont pas des experts juridiques et il est nécessaire de disposer de directives plus claires, par exemple sur la manière d’interpréter le RGPD.

Pour que le futur système de santé adopte la vidéo axée sur les données comme une technologie améliorant la vie, nous devons utiliser les nombreuses possibilités offertes par la vidéo. Pour ce faire, nous devons aller au-delà de l’association traditionnelle de la vidéo à un outil de surveillance. Tout aussi important, les entreprises technologiques, le secteur des soins de santé et les décideurs politiques doivent travailler ensemble pour garantir un cadre législatif qui protège les droits fondamentaux, sans noyer les hôpitaux dans la bureaucratie et l’incertitude.

Source