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Comprendre le diagnostic et la prise en…

Comprendre le diagnostic et la prise en…

Maladie gynécologique chronique touchant principalement les femmes en âge de procréer, l’endométriose est l’une des principales causes d’infertilité féminine. Bien qu’il ne soit pas encore possible de l’éradiquer complètement, l’hormonothérapie ou la chirurgie peuvent toutefois en minimiser les symptômes. Explications avec le Dr Dounia Skalli, gynécologue obstétricienne au sein des Cliniques Belharra et Aguiléra (Ramsay Santé) situées dans les Pyrénées-Atlantiques.

L’endométriose est une maladie chronique causée par des facteurs multifactoriels : hormonaux, environnementaux et génétiques. Elle touche en moyenne 1 femme sur 10 en France (soit 1,5 à 2,5 millions) en âge de procréer. Elle se caractérise notamment par la présence de tissu endométrial à l’extérieur de l’utérus.

Ce tissu, qui tapisse la cavité utérine, se développe au début du cycle menstruel. Il se transforme après l’ovulation pour permettre l’implantation d’un éventuel embryon, puis se détache pendant la menstruation, pour se développer à nouveau au cours du cycle suivant. En cas d’endométriose, les tissus anormalement situés à l’extérieur de l’utérus réagissent de la même manière et entraînent alors une inflammation.

Cette pathologie provoque généralement des menstruations anormalement douloureuses (dysménorrhée) et résistantes aux antalgiques, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), des douleurs pelviennes fréquentes, des troubles digestifs ou urinaires (dysurie). Selon l’avancée et le stade de la maladie, ces symptômes peuvent être plus ou moins intenses. « L’endométriose peut toutefois être asymptomatique et découverte par hasard, notamment après plusieurs tentatives de fécondation in vitro (FIV) », explique le Dr Dounia Skalli, gynécologue obstétricienne.

Les différentes formes de l’endométriose

« L’endométriose est parfois responsable d’une adhérence entre les organes. Autrement dit, elle tend à coller les organes entre eux en raison de phénomènes inflammatoires », poursuit la spécialiste.

La sévérité de cette maladie est évaluée selon le score AFSR (American Fertility Society Revised) qui classe les niveaux de gravité de la maladie en quatre stades (de minime à sévère).

De même, il existe plusieurs types d’endométriose en fonction de sa localisation. L’endométriose pelvienne est la plus fréquente. Les autres types d’endométrioses (ombilicale, abdominale, thoracique…) sont quant à elles plus rares. « En cas d’endométriose intra-utérine, on parle d’adénomyose », détaille l’experte, en insistant sur le fait que cette pathologie n’est pas toujours évolutive.

Le diagnostic de l’endométriose

Le retard diagnostic de cette pathologie est fréquent. Il s’écoule généralement sept à dix ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic, et pour cause, la maladie est souvent méconnue des patientes et de certains spécialistes (d’où l’importance de la communication autour de ce sujet).

« Le diagnostic de l’endométriose s’effectue par un médecin généraliste ou par un gynécologue sensibilisé à cette pathologie. En cas de suspicion d’endométriose après l’examen clinique, la patiente est dirigée vers un radiologue spécialisé qui sera en mesure de lui proposer des examens précis, notamment l’échographie pelvienne », déclare l’experte.

Les traitements de l’endométriose

À ce jour, aucun remède n’est capable d’éradiquer ou de freiner la progression de la maladie. « S’agissant d’une maladie chronique, le traitement de l’endométriose consiste avant tout à contrôler la douleur ressentie par les patientes », avance la gynécologue obstétricienne. Ce traitement doit être adapté aux besoins de chacune, en tenant compte de ses plaintes, de son âge, de son éventuel désir de maternité, etc.

« La prise en charge est d’abord médicale, avec la proposition d’une prise (parfois continue) de contraception œstroprogestative (pilule ou stérilet hormonal), puisqu’il s’agit d’une maladie hormono-dépendante », ajoute le Dr Dounia Skalli. Cette prescription permet de bloquer l’ovulation, et dans la majorité des cas, la survenue de règles douloureuses (et donc d’endométriose). « Si cette solution s’avère toutefois inefficace, une intervention chirurgicale peut, dans certains cas, être envisagée », poursuit-elle.

La chirurgie de l’endométriose, généralement réalisée par cœlioscopie (une technique chirurgicale permettant d’accéder à l’intérieur de l’abdomen de manière mini-invasive) implique des indications très précises. Elle peut représenter un défi clinique et technique important en fonction de la localisation des lésions endométriales, de la qualité de vie de la patiente et de son éventuel désir d’enfant.

Des « filières endométrioses » pour améliorer le diagnostic et la prise en charge de la maladie

Depuis plusieurs années, les Agences régionales de santé (ARS) œuvrent pour déployer des « filières endométriose » dans toute la France, afin d’améliorer le diagnostic de la maladie et d’assurer un parcours de soins optimal aux patientes qui en sont atteintes.

La Clinique Belharra (Ramsay Santé), située à Bayonne, devrait être prochainement labelisée par l’ARS. « Cela permettrait à l’établissement d’ouvrir une filière dédiée à l’endométriose, composée d’une équipe pluridisciplinaire spécialisée (gynécologues, radiologues, chirurgiens digestifs, urologues, gastro-entérologues, sexologues, psychologues…) », conclut le Dr Skalli.

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