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Un congrès de la Mutualité avec Macron…

Un congrès de la Mutualité avec Macron…

“Le président de la République (Emmanuel Macron) s’exprimera sous la forme d’une allocution vidéo” en ouverture du congrès mercredi, indique la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) dans un communiqué.

Une absence qui rompt avec la tradition : depuis 1982, tous les présidents de la République ont été présents aux congrès de la Mutualité, même un François Mitterrand affaibli et frappé d’une extinction de voix en 1994.

Emmanuel Macron lui-même n’avait pas dérogé il y a quatre ans pour la dernière édition du grand rendez-vous du monde mutualiste, mettant même en scène sa venue en diffusant la veille sur Twitter une vidéo sur le “pognon de dingue” dépensé dans les minima sociaux. Avant d’annoncer à la surprise générale une “loi dépendance”, qui n’a finalement jamais vu le jour.

Jeudi, le chef de l’Etat a programmé à Marcoussis (Essonne) l’inauguration du Conseil national de la refondation (CNR), en présence d’ailleurs du président de la Mutualité, Eric Chenut, qui fera l’aller-retour pour l’occasion.

Il retrouvera dans l’Essonne le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, initialement inscrit au programme du congrès marseillais le même jour.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, Eric Chenut retient toutefois que le président “a tenu à s’exprimer (…) comme à l’habitude”, même si “ses contraintes ne lui permettent malheureusement pas de venir à Marseille”, et souligne que “cette intervention est attendue et témoigne de la place du mouvement mutualiste dans notre pays”.

L’exécutif sera tout de même représenté dans la cité phocéenne par deux ministres : Marlène Schiappa (Economie sociale et solidaire) mercredi matin et François Braun (Santé) vendredi pour la clôture.

Même à distance, Emmanuel Macron reste attendu sur de nombreux sujets Santé

Même à distance, le chef de l’Etat reste pourtant attendu sur sa réforme du système de santé, seulement esquissée avant sa réélection au printemps. Derrière l’objectif de “l’accès aux soins” et de la “lutte contre les déserts médicaux”, les mesures concrètes doivent en effet émerger d’une “conférence des parties prenantes” censée démarrer dans la foulée du CNR.

Une sorte de grand débat va ainsi s’engager avec les soignants, mais aussi les patients et les élus locaux, au risque de raviver la discorde sur l’obligation de garde ou la liberté d’installation des médecins.

Dans son rôle de porte-voix des mutuelles, Eric Chenut a déjà fait savoir que “la coercition ne semble pas à la hauteur des enjeux” et mis l’accent sur la nécessité “d’allouer plus de recettes” pour que les mesures à venir ne soient pas “vues comme des renoncements (ou) une gestion de la pénurie”.

Mais pas question pour autant de taxer davantage les complémentaires santé, déjà mises à contribution pendant le Covid – “ce ne serait pas une bonne chose”, prévient-il – ni de geler les cotisations sociales en pleine flambée de l’inflation. “Personne ne s’amuse à (les) augmenter de gaité de cœur” et “tout dépendra du niveau d’évolution des dépenses de santé” dans le prochain budget de la Sécurité sociale, explique-t-il, en amont d’une réunion à Bercy sur ce thème le 19 septembre.

Prêt à porter le fer sur ces habituelles controverses, le patron de la Mutualité entend aussi défendre une position délicate sur la fin de vie, qui fera l’objet à l’automne d’une “consultation” voulue par le gouvernement

Souhaitant d’abord renforcer les soins palliatifs, il propose néanmoins de rendre “opposables” les directives anticipées et, pour ceux qui “souhaitent pouvoir être assistés”, créer “une aide active à mourir”, convaincu “qu’on doit permettre aux gens de choisir leur fin de vie”.

Avec AFP

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