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Et maintenant des fibres textiles produites à…

Et maintenant des fibres textiles produites à…

(ETX Daily Up) – Les industries de pointe n’ont pas le monopole de l’innovation, surtout dans le domaine des nouveaux matériaux biosourcés. C’est dans l’ouest de la France que ça se passe ! Partie de rien, la start-up Bysco valorise les déchets des mytiliculteurs en transformant le byssus de moules en fibres textiles. L’un de ses objectifs ? Produire 35.000 mètres carrés de matériaux textiles d’ici environ deux ans.

Qui l’eut cru ? Ce sont les déchets qui pourraient aujourd’hui constituer la meilleure alternative aux matières premières polluantes, ou à l’impact trop lourd sur l’environnement. Chose qui n’a pas échappé à Robin Maquet et Florence Baron, co-fondateurs de la start-up française Bysco. Cette dernière transforme le byssus de moules, ces filaments qui permettent aux mollusques de s’accrocher aux rochers, en fibres textiles. Une innovation qui se développe à vitesse grand V, et qui pourrait répondre aux besoins de nombreux secteurs, dont le bâtiment, la mode, ou encore le sport.

Valoriser les déchets mytilicoles

Fabriquer des matériaux textiles durables et biosourcés sans avoir de ressources à produire. C’est tout l’intérêt des déchets, quels qu’ils soient. Ils semblent aujourd’hui figurer en tête de liste des matières les plus à même de répondre à l’urgence climatique. On appelle cela le recyclage, ou l’upcycling, puisqu’il s’agit d’offrir une plus-value à un produit qui n’intéressait plus personne. En mode, ce sont les chutes de tissus ou les invendus qui font désormais office de matières premières, mais nombreuses sont les entreprises qui s’emploient à dénicher de nouvelles ressources pour mettre au point des fibres textiles de qualité, durables, et renouvelables à souhait.

Fondée en août 2021, la start-up Bysco est implantée à Nantes, avec une première unité de production à Cancale, carrefour entre la Normandie, la Bretagne et les Pays de la Loire, qui constituent trois des principales régions mytilicoles françaises. Et ce n’est pas un hasard, puisque cette jeune entreprise organise elle-même la collecte du byssus de moules, débarrassant au passage les mytiliculteurs de ces déchets dont le traitement est particulièrement couteux. Elle ne s’arrête pas là, puisqu’elle s’emploie à nettoyer la matière première, et à sous-traiter la transformation textile, comme le souligne Atlanpole, qui accompagne la start-up dans son développement.

Une innovation récompensée

De ces déchets issus de la mytiliculture naissent les fibres textiles naturelles et biosourcées de demain. Des solutions fibreuses qui ont déjà séduit plusieurs entreprises dans des domaines aussi divers que variés, dont les panneaux acoustiques et les articles de sport, comme le révélait il y a peu Les Echos Entrepreneurs. La liste ne devrait pas tarder à s’allonger, puisque Bysco a récemment raflé le Grand Prix Moovjee 2022 (Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs) grâce à son innovation.

“A horizon 2024, Bysco a prévu de produire 35.000 mètres carrés de matériaux textiles commercialisés auprès des industriels dans toute l’Europe”, peut-on lire sur le site officiel du concours national. Une récompense qui devrait propulser plus encore la start-up vers les sommets. Après les huîtres, les déchets du brassage, ou encore les airbags et les pare-brise, c’est donc avec les moules que l’industrie textile pourrait répondre aux nombreux enjeux environnementaux auxquels elle est plus que jamais confrontée.

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