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Innovation Santé

La première plateforme française d’impression 3D certifiée…

La première plateforme française d’impression 3D certifiée…


DSIH, VENDREDI 09 SEPTEMBRE 2022

Le 7 septembre 2022, le CHU de Lyon annonçait la certification ISO 13485 de la plateforme Co’Lab 3D, créée il y a deux ans pour concevoir et produire des dispositifs médicaux de classe I utilisés en interne aux Hospices civils de Lyon.

Les HCL développent depuis plusieurs années une expertise en matière d’impression 3D en santé, avec des applications poussées en matière de recherche et d’innovation. Il y a deux ans, en pleine crise Covid, les Hospices civils de Lyon (HCL) ont créé, en partenariat avec l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon, la plateforme Co’Lab 3D. Le système de management de la qualité de Co’Lab 3D a obtenu la certification ISO 13485, en juin dernier, pour la conception et la production des dispositifs médicaux de classe I utilisés en interne aux HCL. Co’Lab 3D continue de se structurer pour répondre aux besoins de la communauté hospitalière. Selon le communiqué de presse des HCL, il s’agit de la première plateforme hospitalière d’impression 3D à obtenir ce label en France, et l’une des premières en Europe.

L’imagerie 3D à Lyon

Cette plateforme est l’un des deux piliers de l’impression 3D aux HCL, le premier étant un partenariat avec la plateforme universitaire 3D.Fab avec laquelle sont développés des dispositifs médicaux innovants. Co’Lab 3D, quant à elle, est une plateforme d’impression installée dans les locaux des HCL destinée à concevoir, prototyper et produire des objets adaptés au monde hospitalier. « En quelques années, les HCL ont fait de l’impression 3D un axe distinctif d’innovation technologique et managériale pour continuer à inventer l’hôpital de demain », explique Raymond Le Moign, directeur général des HCL.

Ces deux plateformes sont complémentaires en favorisant une innovation « low tech ». Après avoir identifié les besoins potentiels de la communauté hospitalière pouvant être satisfaits via l’impression 3D, Co’Lab 3D a permis d’internaliser ce savoir-faire avec l’Insa et de renforcer les liens avec le monde de l’ingénierie en accueillant des étudiants ingénieurs.

La plateforme Co’Lab 3D

Installée entre les groupements hospitaliers Centre et Est, la plateforme est dotée d’une équipe pluridisciplinaire et multisite de volontaires des HCL (techniciens biomédicaux, ingénieurs, informaticiens, administratifs et médecins) formée par l’équipe Insa. Plus de 200 projets ont été réalisés en deux ans, notamment des objets coconçus avec le personnel hospitalier, pour répondre à des besoins non satisfaits. Ils concernent différents domaines :

  • Biologie : portoirs sur mesure adaptés à des manipulations spécifiques ou à une trame d’automates spécifiques ;
  • Maladies rares : support pédagogique à destination d’un groupe cible de patients afin d’expliciter le déroulé d’une étude clinique ;
  • Chirurgie : gabarit de maintien de pédales d’endoscope facilitant l’intervention du praticien…

« Deux brevets et une enveloppe Soleau ont déjà été déposés, avec pour objectif de transférer ces innovations vers l’industrie et de les rendre accessibles au plus grand nombre », précise Peggy Leplat, référente impression 3D aux HCL.

Servir les patients et l’enseignement

35 % des projets sont liés à des besoins spécifiques de patients hospitalisés en situation de handicap pour lesquels des aides techniques ont été élaborées. Dès la conception de ces dernières, les patients ont été associés au groupe de travail comprenant des ergothérapeutes des HCL. Des aides à l’écriture, des bracelets métacarpiens ou des supports d’éducation thérapeutique adaptés ont ainsi été créés grâce à l’impression 3D, qui facilite la reproductibilité, en cas de casse, et l’utilisation de matériaux décontaminables.

L’impression 3D répond également à la demande croissante de modèles anatomiques ou de zones d’intérêt spécifique à visée pédagogique à destination des internes et des patients : craniosténoses pédiatriques en support d’explication du diagnostic de la pathologie aux parents, un modèle d’oreille interne à l’échelle 1,5 pour l’enseignement des différentes voies, arbres bronchiques pour l’entraînement au passage de l’endoscope, impression du visage du fœtus sur la base d’images échographiques 3D pour les parents malvoyants…

Des formations sont également organisées sur les potentialités de l’impression 3D pour les professionnels de santé (ergothérapeutes et bientôt ingénieurs biomédicaux) et des ateliers sont proposés aux jeunes patients chroniques, leur permettant de découvrir les domaines des sciences appliquées et les métiers de l’ingénierie.

L’impression 3D permet par ailleurs de participer à la lutte contre l’obsolescence programmée, en réalisant des pièces détachées qui prolongent la durée de vie de matériels qui ne sont plus fabriqués ou réduisent le temps d’indisponibilité de certains équipements. La pérennisation de la plateforme comme un service à part entière vient d’être validée par la gouvernance des HCL.

« C’est grâce à l’investissement d’une équipe pluridisciplinaire des HCL que cette structure inédite a vu le jour, s’est développée et a trouvé sa place à l’hôpital. Tous se sont volontairement investis pour faire de cet outil un service utile, nécessaire et apprécié de la communauté hospitalière », conclut Armelle Dion, directrice de l’innovation aux HCL.

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