E-santé mentale : avons-nous vraiment encore du temps – et de l’argent Leave a comment

Toutes les études amènent à un constat sans appel : les Français ne vont pas bien. Ils vont même de plus en plus mal, naturellement éprouvés par deux années de pandémie, et légitimement inquiets d’un conflit militaire qui débute sur le sol européen. Aussi, tandis que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime que la dépression sera la première maladie au monde d’ici 2030 (autant dire demain), que les dépenses liées à la santé mentale sont les plus importantes de notre Assurance Maladie (23 milliards d’euros par an, loin devant le cancer ou les maladies cardiovasculaires), et que les plus jeunes de nos concitoyens sont aussi ceux qui souffrent le plus (les 18-24 ans sont aujourd’hui les plus touchés par les symptômes dépressifs – 23 % – et par les troubles d’anxiété généralisé – 41 %), les associations et professionnels de santé ne savent plus comment alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation… Quel chiffre faut-il donc ajouter à cette longue litanie pour passer de la prise de conscience à l’action concrète ? C’est la question que nous nous sommes posée.

Hérésie économique

Comme si la détresse sociale et mentale ne suffisait pas, ajoutons-y l’hérésie économique qui entoure le sujet de la santé mentale en France ! Car il n’y a pas qu’à l’Assurance Maladie qu’elle coûte cher, très cher. Une note de recherche menée par l’Institut Sapiens à notre demande estime aujourd’hui que les pathologies mentales engendreraient une perte de PIB de 92 milliards d’euros (3,7% du PIB) pour le pays tout entier. Chaque année, c’est ainsi l’équivalent des budgets cumulés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche qui sont perdus, à cause des défaillances en matière de détection, de suivi et de traitement…

Détection, suivi, et traitement des troubles psychiques. Voici en somme – et nous y ajoutons volontiers la prévention, lacune historique de notre système de santé – les chantiers qui devraient être prioritaires pour toutes celles et ceux qui peuvent promouvoir, informer, structurer, former, financer, déployer, de nouvelles solutions à grande échelle. Nous invitons les 12 candidats à l’élection présidentielle 2022 à proposer des mesures concrètes en ce sens, et à dépasser les simples déclarations d’intention.

Silence politique

Mais plus frustrant encore que le silence politique sur la question : le fait de savoir que des solutions existent déjà, et font leurs preuves au quotidien auprès de millions d’individus. Portées par un écosystème hexagonal très innovant, elles testent et itèrent des outils basés sur des parcours mobiles, le numérique ou bien l’intelligence artificielle pour lever les tabous associés aux pathologies psychiques et agir sur la prévention, faire baisser les coûts des accompagnements thérapeutiques, améliorer la détection, la prise en charge et le suivi des patients, ou encore le travail des médecins, pas assez nombreux, débordés, et répartis de façon très inégalitaire sur notre territoire. Déployées à grande échelle et à bon escient, elles permettraient en outre à la France de réaliser une économie de plus de 15 milliards d’euros ! (Institut Sapiens)

Or, et avant même d’envisager un déploiement qui sera salutaire, cet écosystème a d’abord le besoin impératif d’être considéré. Car il existe, il innove, il soigne, et s’investit aux côtés des professionnels de santé comme des Français dans la prise en compte d’une véritable urgence de santé publique, depuis de nombreuses années. Et bien, désormais, il se structure ! Principalement pour veiller à l’éthique, la qualité, et l’efficience auxquelles chacune de ces solutions doivent répondre, mais aussi pour conserver une nécessaire souveraineté. Les derniers mois ne nous-ont-ils pas en effet prouvé à quel point les cerveaux français étaient stratégiques ?

Collectif

07 Avr 2022, 11:05

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