La question du jour : bouger, la solution contre le mal de dos ? Leave a comment

Le télétravail a fait des dégâts si l’on en croit les résultats d’une étude menée par le ministère du Travail à l’automne dernier. Dans son compte rendu, il évoque une augmentation des troubles musculo-squelettiques et plus particulièrement de lombalgie. Homme ou femme, jeune ou moins jeune, la lombalgie (le nom scientifique du mal de dos) touche à peu près tout le monde, qu’il s’agisse d’un lumbago, d’un tour de reins ou d’une sciatique. Cette pathologie qui s’exprime par des douleurs localisées dans le bas du dos a le triste privilège d’avoir été élue aussi “mal du siècle”. La raison : 84 % des Français ont souffert ou souffriront du dos. Un vrai enjeu de santé publique puisqu’il s’agit de la première cause d’arrêts et d’accidents de travail en France. En témoignent les chiffres publiés en 2017 par l’Assurance maladie qui évaluait déjà à 12,2 millions le nombre de journées de travail perdues en raison d’une lombalgie.

Rhumatologue, médecin-conseil du groupe Thermes Adour et président du Clud (Comité de lutte dont la douleur) des hôpitaux de Saint-Denis, Patrick Sichère assure que des solutions permettent de traiter le mal et pas forcément par des thérapies médicamenteuses.

Pourquoi a-t-on mal au dos ?

Cette région du bas du dos est assez complexe et les douleurs ne sont pas spécifiques. On peut avoir plusieurs sortes de douleurs. À des horaires différents plus le matin voire la nuit si c’est inflammatoire ou le soir si l’origine est mécanique. D’où l’importance de l’interrogatoire du patient pour comprendre comment il souffre et pourquoi il souffre. L’obésité est aussi une des causes du mal au dos. On s’est aperçu que des substances sécrétées par les cellules graisseuses qui s’appellent les adipokines favorisent l’apparition de l’arthrose. C’est la double punition : mécanique et hormonale.

On voit que l’incidence explose ces dernières années ?

La plus grande fragilité se situe autour de la quarantaine. La fréquence est accentuée par la sédentarité aggravée depuis le covid et le télétravail. Pour le bas du dos la plus mauvaise posture est la position assise.

Comment calmer ces douleurs ?

Les anti-inflammatoires sont souvent donnés en première intention, mais au bout de 15 jours, ce traitement n’a plus grand intérêt. Concernant les applications locales, mieux vaut privilégier les gels que les crèmes car ces dernières pénètrent moins bien. Avec les douleurs dorsales, la chaleur est recommandée. Une douche ou un bain chaud voire le baume du tigre qui dégage une sensation de chaleur calment les contractures musculaires. En revanche les décontractants sont fortement déconseillés. Ils ne marchent pas.

Est-ce que le repos peut calmer les douleurs ?

Le repos n’a un intérêt seulement dans le lumbago. 24 à 48 heures pas plus. Il a été démontré qu’après huit jours de repos, on risquait d’avoir plus de douleurs plus longtemps et de façon récidivante. Il ne faut pas attendre de ne plus avoir mal pour reprendre une activité. Je conseille la marche nordique qui fait travailler l’ensemble de la chaîne musculaire du dos et ouvre le thorax. C’est un excellent exercice.

Et le thermalisme ?

Il faut en finir avec le tout médicament. Les cures sont fortement recommandées pour calmer les douleurs lombaires. Par exemple on trouve à Dax, le péloïde qui est une boue unique en France par sa composition. Elle apporte à travers la peau des substances antidouleur et anti-inflammatoires qui agissent sur le mal au dos. Cela a été démontré. Quelle que soit la méthode choisie, pour calmer cette souffrance, il faut bouger.

Pourquoi on souffre ?

La lombalgie aiguë est la survenue récente, brutale, souvent intense, d’une douleur et d’une l’inflammation du bas du dos, lors d’un effort inhabituel ou répété par exemple. Parce que le bas du dos travaille plus que le reste de la colonne vertébrale. Les mécanismes à l’origine d’une lombalgie sont donc diverses et peuvent s’additionner, à l’image de l’anatomie de la colonne lombaire. La lombalgie aiguë ou subaiguë se résume donc en douleur et raideur. Deux origines sont retrouvées : les articulaires postérieures et l’origine discale (patient jeune, douleur après un effort de soulèvement ou “faux mouvement”, augmentation à la toux, l’éternuement, en général médiane).

La lombalgie chronique entraîne une diffusion de la douleur à l’ensemble du dos par contractures musculaires interposées mais aussi par des mécanismes propres à la douleur qui s’installe et devient nocive par elle-même. D’où un cercle vicieux contractures-douleurs, une peur de bouger par peur d’avoir mal alors que sont recommandés des exercices de coordination, de renforcement et d’endurance du tronc.

L’activité va stimuler les endorphines, les morphines que nous avons en nous qui ont un effet antidouleur, et diminuer les contractures tout en redonnant confiance en soi.

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