Médecine : « A force d’être partout, l’immunologie finit par ne plus être considérée à part entière » Leave a comment

Tribune. Vaccins, ARN messager, immunité, immunothérapie : nous voilà avec le Covid replongé au cœur d’une discipline médicale mal connue, l’immunologie. Cette discipline avait déjà été sur le devant de la scène lorsque le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) anéantissait le système immunitaire des malades en détruisant leurs cellules lymphocytaires.

Les patients mesuraient la gravité de la maladie au nombre de T4, ces lymphocytes indispensables à la riposte contre le virus. Plus le nombre de T4 baissait, plus la maladie était à un stade avancé et plus le malade serait vulnérable à de multiples autres maladies qualifiées d’« opportunistes ». On ne mourait et on ne meurt pas aujourd’hui directement du sida.

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On mourait et on meurt encore de la destruction progressive par le virus du sida des capacités de résistance du corps contre d’autres maladies. Pour les malades qui ont accès aux traitements, le sida est désormais efficacement combattu en protégeant le système immunitaire contre l’agression du virus.

L’importance de la régulation immunitaire

Le dérèglement du système immunitaire, arme de défense contre virus et bactéries, est la base d’un grand nombre de maladies : trop d’immunité peut détruire ou altérer le fonctionnement de certains tissus de notre corps et contribue par exemple à la sclérose en plaques, pas assez d’immunité nous rend vulnérable aux maladies infectieuses mais peut aussi favoriser l’émergence et la dissémination de cancers.

Ainsi, la régulation de notre réponse immunitaire est un enjeu essentiel dès la naissance. Les vaccins administrés aux nourrissons permettent d’éduquer leur immunité pour qu’ils puissent mieux se défendre contre les maladies infectieuses aux complications autrefois potentiellement lourdes. On sait aussi traiter par de l’immunothérapie les patients atteints d’une maladie qui échappe à la réponse immunitaire.

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Le prix Nobel de médecine attribué en 2018 au Japonais Tasuku Honjo et à l’Américain James Allison avait distingué des travaux qui allaient permettre plus seulement de « dynamiser » ou de « renforcer » le système immunitaire mais de le moduler pour l’utiliser par exemple dans la lutte contre certains cancers.

Les 60 ans de l’ARN messager

Les traitements les plus récents appelés CAR-T (Chimeric Antigenic Receptor-T) sont par exemple une stratégie d’immunothérapie cellulaire qui vise à combattre les leucémies et les cancers en s’appuyant sur le propre système immunitaire du patient : on prélève ces mêmes lymphocytes T et, après modification génétique, ils sont réinjectés au malade pour éliminer des cellules leucémiques que ces lymphocytes ont « appris » à reconnaître.

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