Cegid : le crack dont les Américains se toquent Leave a comment

En juin 2021, KKR annonçait le deuxième plus gros LBO hexagonal, à travers une prise de participation minoritaire dans Cegid. Une transaction qui valorise le fournisseur de solutions logicielles 5,5 milliards d’euros. Quel parcours pour cette entreprise aux 3 600 collaborateurs née en 1983 à Lyon et dont la croissance ne se dément pas !

Une forme olympique

En 2020, la société enregistrait un chiffre d’affaires de 498 millions d’euros contre 307,6 millions en 2016, époque où elle était encore cotée. Après le rachat annoncé en juillet de Talentsoft, Cegid accélère sur le segment des ressources humaines, espérant atteindre un milliard de CA d’ici à trois ans afin de devenir “l’un des plus beaux fleurons français de la FrenchTech”. Ce rachat lui ouvre également les portes de l’Allemagne ainsi que celles des pays nordiques, Cegid se développant jusqu’ici en France, en Europe du Sud et en Amérique latine. Pour sa croissance, la société fondée par Jean-Michel Aulas mise sur des acquisitions, mais pas seulement. Il a su prendre le virage du cloud, à travers de lourds investissements dans des solutions de dernière génération. Cegid est aujourd’hui considéré comme un acteur de poids en gestion cloud pour les professionnels des métiers de la finance, de l’expertise comptable, du retail ou encore des RH.

Cegid accélère sur le segment des RH, espérant atteindre un milliard de CA d’ici à trois ans

Investisseurs convaincus

Si KKR est plus connu pour ses investissements en infrastructures sur le Vieux Continent, le fonds n’en est pas à ses débuts sur le segment des logiciels. “Nous avions accompagné jusqu’en 2017 le scandinave Visma, leader européen du secteur, et Epicor jusqu’à l’été 2020, un des grands acteurs américains, expliquent aux Échos Pierre Saad, partner en charge du secteur Tech pour la zone Emea, et Jérôme Nommé, partner et responsable des activités de KKR en France. Nous sommes toujours actionnaires de l’australien MYOB et du néerlandais Exact avec, à chaque fois, des enjeux comparables à Cegid, sur l’internationalisation, le déploiement SaaS et cloud, et de nouvelles verticales métier.” Le géant new-yorkais ne semble pas échaudé par son plus gros LBO en France, un investissement datant de 2006 dans Solocal qui valorisait l’ex-PagesJaunes 6 milliards d’euros. Une opération financée par endettement qui a plombé l’entreprise. Au contraire, KKR continue de jouer un rôle prépondérant dans le private equity français. L’an dernier, il mettait des billes dans Elsan, Devoteam et Mediawan. Malgré la prise de participation de l’américain, c’est bien le spécialiste des investissements en technologies Silver Lake – auprès de qui l’opération de KKR a été menée – qui reste le principal actionnaire de Cegid. La société de capital-investissement en a eu pour son argent puisqu’en 2016, moment où elle a lancé son OPA sur l’éditeur aux côtés d’AltaOne, la société lyonnaise était valorisée 650 millions d’euros. Une bonne nouvelle pour la tech française dont le dynamisme se confirme mois après mois.

Olivia Vignaud

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