M. Nayaradou (Finance Innovation) : “Pour nos membres, la Covid a aussi été une opportunité” Leave a comment

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter le rôle du pôle compétitivité de Finance Innovation ? 

Maximilien Nayaradou. Tout d’abord, Finance Innovation est le cluster de la finance et de la fintech, il est né en 2007 de la politique publique des pôles de compétitivité visant à promouvoir l’émergence de projets collaboratifs innovants. Celui-ci réunit de grands groupes du secteur tels que les banques, assurances ou sociétés de gestion d’actifs en vue de leur digitalisation. Cela nous donne une vision très large de la finance avec des corporates de toutes tailles, les TPE-PME de la finance qu’on appelle aujourd’hui les fintechs ainsi que des académiques.  

À sa création, le but était de donner des subventions, en partie publiques, aux pôles mais également aux projets en eux-mêmes. Au cours de ces quatorze années, pas moins de 50 opérations ont ainsi été soutenues par le financement public – pour des projets collaboratifs ou avec des consortiums. De même, nous avons également travaillé sur de nombreuses labellisations (près de 600) de projets individuels de fintechs avec des fonds privés ou pour aider des fintechs à trouver leur premier client B to B.  

Sur les projets individuels de start-up, ce que nous voulons permettre avec le label c’est de trouver non seulement des clients mais également des investisseurs privés ou des financement publics. Nous réalisons notamment des “speed meetings” avec les différents acteurs et les accompagnons également dans les recherches de talents. Enfin, nous cherchons à sensibiliser l’écosystème au fait que l’innovation est présente au sein de la finance, afin de la rendre plus attractive. 

Vous êtes à la tête de ce pôle depuis un an, quels ont été vos plus grands défis ? 

À ma nomination en juillet 2020, en plein Covid et post confinement, la période était délicate et il fallait fidéliser nos membres à distance. Nous avions beaucoup de contacts physiques par les rencontres, les événements et il nous a été nécessaire de réaliser une digitalisation rapide de nos processus. Nous avons mené à bien plus de 60 webinars entre janvier 2021 et aujourd’hui afin de rassembler les décideurs de l’innovation.  

Le plus grand de défi a été de traverser la crise du Covid sans augmenter le taux de défection, qui est d’environ 10 % chaque année. Un objectif que nous avons réussi à maintenir et qui peut s’expliquer car, pour nos membres, la Covid a aussi été une opportunité. Pour deux tiers d’entre eux, cela a été assez bénéfique pour développer leur activité, pour d’autres, avec des contrats longs notamment, il y a eu, certes, du retard pris mais peu d’arrêt complet. Il y avait du travail et une volonté pour les membres de continuer à faire du business et participer à l’écosystème financier.  

“L’innovation est présente au sein de la finance”

Comment se décomposent les phases d’accompagnement des projets au sein de Finance Innovation ? 

Il existe plusieurs phases de développement des projets. Lorsqu’ils ne sont pas encore prêts pour la labellisation, nous les accompagnons avec des mises en relation d’investisseurs avec des clients potentiels et les aidons également à lever des fonds par le biais de CVC, de VC ou de business angels. Une fois labellisée, la société entre dans le circuit que l’on a évoqué avec les rencontres mais également en favorisant le développement du business entre elles. Nous sommes également à leurs côtés à l’international, avec des événements européens mais aussi en Asie. Les entrepreneurs ont besoin d’argent, de clients, de se développer à l’international, d’être mis en lumière et de RH.  

Quel avenir anticipez-vous pour l’innovation dans la finance ? 

La finance digitale est devenue, aujourd’hui, un axe de développement majeur en Europe, ce qui n’était pas encore le cas en 2018. Depuis cette année, nous observons de nombreuses poches de financement, bénéfiques pour nos membres mais également pour notre pôle. Avec la baisse des financements de l’État, nous compensons avec l’argent européen ce qui nous permet de réaliser des partenariats afin de développer notre pôle à l’étranger, notamment en Allemagne, Espagne, et Angleterre, ce qui nous permet d’aider également des start-up étrangères à s’implanter en France. Grâce à cela, nous pouvons aussi travailler avec d’autres clusters sur les technologies de pointe avec des collaborations de R&D. La France est très en avance sur les sujets de fintech et possède un écosystème performant qu’il est important de porter à l’international. 

Propos recueillis par David Glaser 

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