Alimentation: un additif courant perturbe l’intestin Leave a comment

Une substance couramment utilisée comme additif dans l’alimentation, la carboxyméthylcellulose (CMC), perturbe l’équilibre des bactéries et des molécules dans l’intestin humain, selon une étude relayée mardi par l’Inserm, sans conclure pour l’heure sur les conséquences pour la santé.

Une forte consommation quotidienne de CMC “perturbe la composition du microbiote intestinal, d’une manière qui réduit sa diversité”, selon l’étude, publiée la semaine dernière dans la revue Gastroenterology.

On savait déjà que la CMC, très utilisée dans les aliments transformés comme épaississant ou émulsifiant, perturbait l’équilibre intestinal des souris et favorisait chez elles une inflammation susceptible d’aggraver des maladies comme le cancer du côlon.

L’étude de Gastroenterology est la première à évaluer les conséquences de la consommation de CMC chez l’humain.

Pendant une dizaine de jours, les chercheurs ont fait prendre à sept personnes, sans problème de santé au niveau intestinal, 15 g par jour de CMC. Ils ont comparé leur évolution à neuf patients ayant reçu un placebo. Dans chaque cas, les patients ne consommaient pas d’autre émulsifiant.

Au terme des onze jours, les patients consommant de la CMC ont vu leur équilibre microbien nettement perturbé. De même, leur “métabolome” intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des molécules qui participent au fonctionnement de l’organisme, est sorti déséquilibré de l’expérience.

“Ces résultats appuient l’idée que l’emploi fréquent de CMC dans les aliments transformés contribue peut-être à (favoriser) une série de maladies chroniques inflammatoires”, concluent les chercheurs, citant notamment celle de Crohn.

Toutefois, cette étude ne permet pas d’en être certain. Elle ne s’est intéressée qu’à un petit échantillon de personnes et nécessite d’être répétée sur un plus grand nombre.

En tout état de cause, elle n’a pas été menée sur une durée suffisante pour mesurer les effets à long terme sur la santé.

Surtout, l’étude se base sur une dose quotidienne élevée de CMC, qui ne correspond pas forcément à la réalité de ce qui est assimilé au quotidien par les consommateurs.

Ce n’est “pas facile de répondre à cette question, car les quantités utilisées par les industries agro-alimentaires ne sont pas mentionnées sur les produits: seule la présence de ces additifs est mentionnée”, a expliqué à l’AFP Benoît Chastaing, chercheur à l’Inserm et auteur principal de l’étude.

Son équipe compte mesurer la consommation réelle de CMC dans la population à partir de prélèvement réalisés sur les excréments.

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