Plaies : mieux cicatriser grâce à un caisson hyperbare Leave a comment

L’oxygénothérapie hyperbare, technique associant l’inhalation d’oxygène pur à une surpression, offre de très bons résultats en matière de cicatrisation des plaies chroniques, postopératoires, post-traumatiques et contre certaines complications liées à la radiothérapie. Au sein de l’Hôpital privé Clairval (Ramsay Santé), situé à Marseille, une unité de soins est spécialisée dans cette prise en charge. Explications avec l’un des trois médecins du pôle, le Dr Jean-Philippe Gallet.

Recréer une pression équivalente à quinze mètres de profondeur d’eau

L’oxygénothérapie hyperbare correspond à l’inhalation d’oxygène pur au sein d’un caisson hyperbare (installation médicotechnique étanche), associée à une pression supérieure à la pression atmosphérique (en l’occurrence semblable à celle perçue en mer à quinze mètres de profondeur.)

« Cette technique permet de multiplier la concentration d’oxygène dissout dans l’organisme par quinze par rapport aux conditions normales. L’oxygène est le carburant des cellules. Injecté dans un volume important, il accélère ainsi leur régénération. C’est une sorte de dopage cellulaire » affirme le Dr Gallet.

L’unité de soins de l’Hôpital privé Clairval est équipée de deux caissons. Le premier est adapté aux soins chroniques, notamment pour la cicatrisation des plaies. Le second répond aux soins d’urgence. Les différentes urgences en hyperbarie peuvent être les embolies gazeuses, les gangrènes gazeuses, les accidents de plongée sous-marine mais aussi les intoxications au monoxyde de carbone.

D’une durée d’une heure et vingt minutes pour le patient, la séance est rythmée en trois phases. La première correspond à « la mise en pression » : elle permet d’atteindre la pression thérapeutique, à savoir celle trouvée en mer à quinze mètres de profondeur. La deuxième est celle durant laquelle le patient va respirer de l’oxygène pur. Enfin, la troisième correspond au retour à la pression atmosphérique ambiante.

D’excellents résultats pour la cicatrisation des plaies

Trois grands types de plaies sont traitées au sein du service.

Les plaies chroniques se rencontrent souvent chez les patients diabétiques, atteints de troubles de la vascularisation et d’obstructions des artères. Grâce à l’apport d’un important volume d’oxygène, la thérapie permet de ré-oxygéner les cellules et les tissus.

Les plaies postopératoires peuvent correspondent quant à elles à des désunions de cicatrices ou à des retards de cicatrisation, avec ou sans infection. Dans ce cas précis, l’oxygénothérapie hyperbare facilite la prise de greffes et de lambeaux. 

Les plaies post-traumatiques, causées notamment par des accidents de la route, des chutes ou encore des écrasements de membres, sont souvent de taille importante. La thérapie aide également à la cicatrisation de ce type de plaies. 

L’efficacité de cette prise en charge sur les lésions entraînées par la radiothérapie a également fait ses preuves : « la thérapie hyperbare accélère la régénérescence cellulaire sur les zones irradiées, le résultat est très positif », note le Dr Gallet.
Pour la prise en charge de tous ces types de plaies, une trentaine de séances sont en moyenne nécessaires afin de bénéficier de résultats probants. Elles se déroulent de façon quotidienne, à raison de cinq à sept par semaine en fonction des indications.

Médecins hyperbaristes et infirmières en première loge dans la prise en charge

Cette thérapie s’inscrit dans un véritable parcours de soins. « Nos patients nous sont adressés directement par de nombreux spécialistes : des chirurgiens vasculaires, des dermatologues, des chirurgiens orthopédiques, des chirurgiens cardiaques, des cancérologues, des généralistes… » note le Dr Gallet.

Parallèlement aux séances d’oxygénothérapie hyperbare, les infirmières jouent un rôle important. En plus des pansements prodigués dans le service, elles apportent des soins réguliers aux plaies. « Nous travaillons en étroite collaboration avec elles afin d’adapter notre thérapeutique à l’évolution des plaies » affirme le Dr Gallet.

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